L'Ange nu - L'avis de Joseph Bodson

"Marcel Ghigny, L’ange nu, roman, éd. bernardiennes, 2019

Un polar, mais un polar étrange. Un polar qui n’ose pas dire son nom? Que non pas. Il y a du sexe, mais soft – certains le préfèrent soft – et qui vous mène, parallèlement aux recherches de l’enquête, vers quelque chose de plus léger, et à la fois plus profond que le sexe pur et dur. C’est de cela aussi que débattent entre eux les deux enquêteurs, à la recherche d’une beauté disparue. C’est aussi  une enquête sur la société marocaine: que reste-t-il de la colonisation? des vieilles traditions? Et cela va beaucoup plus loin que les blagues que l’on nous sert trop souvent: enquête sur la filiation, sur le passé familial. Je ne vais pas vous raconter toute l’histoire, ce serait la déparer, mais le suspense final est très réussi.

Le style? Impeccable. Les dialogues, les descriptions de paysages, les réflexions que se font, à part soi, les personnages, le tout est drôlement bien équilibré, et ce roman ne verse à aucun moment dans les poncifs du genre. Marcel Ghigny a sa façon bien à lui de peaufiner ses personnages, de creuser en profondeur, et, encore une fois, l’art du dialogue, joint à celui de présenter l’action, rapide et souvent contondante, ne laisse aucune place aux temps morts.

Oui, je vous le disais en commençant, voici – le fait est rare et mérite bien d’être signalé –  un polar qui sort du lot: un polar, ça peut être saignant ou à point. Ici, comme dans la nouvelle cuisine, quelques touches d’une herbe un peu rare viennent relever le tout, et le lecteur se sent baigné dans une sorte d’eau de Jouvence…Hors des sentiers battus." 

Joseph Bodson - Président de l'AREAW
https://www.areaw.be/ 

L'Ange nu - L'avis de Paul Huet

1957 sur la Côte d’Azur, voilà le temps de tous les possibles dans un décor paradisiaque. Charles Trenet chante « Nationale 7 » et les peintres Cocteau, Matisse et Chagall offrent à voir des toiles éblouissantes de lumière. Une société sortie de la guerre découvre l’émancipation et ses poussées de liberté. Sur un pan beaucoup plus sombre, la France vit intensément la guerre d’Algérie et la mise à jour des limites de la décolonisation. Mai 68 se prépare doucement ! On le sait beaucoup moins, mais l’hexagone était aussi une plaque tournante de l’héroïne, avec des gangs organisés et des dealers sans scrupules. Alors qu’ils n’auraient jamais dû se rencontrer, Alan et Carles-Adel se croisent. Tous deux sont animés par la peur. Le premier se sait victime de lui-même et des démons qu’il a enfoui au plus profond de son être. Le second craint le monde nouveau où il évolue. Pour fuir, ils envisagent un univers imaginaire, sorte de bulle protectrice. Un ange protecteur pour le Français et le désert pour le jeune Algérien. Une enquête policière resserre son étau et les menace. Unir leurs faiblesses sera-t-il l’outil de leur rédemption ?

Passionné d’écriture, Marcel Ghigny signe un troisième roman aux éditions Bernardiennes et le pare d’excellence. La fluidité de sa plume et un contexte richement documenté font de ce récit une promenade agréable dans le passé, d’où surgissent les tentations et la fatalité nées de grands instants de solitude. Il n’y a pas de hasards, il n’y a que des rendez-vous ! Voilà ce que Paul Eluard a écrit et qui pourrait correspondre à la trajectoire des protagonistes !


Paul Huet
BRUXELLES CULTURE - 15 septembre 2019
Contact et abonnement gratuit : pressculture4@gmail.com

L'Ange nu - NOUVEAU

Côte d'Azur, 1957.
La French Connection est en place.
Marc Chagall et Jean Cocteau peignent des anges.
Et Juliette de Chablis a disparu…
La petite ville de Villefranche-sur-Mer devient le théâtre d'étranges va-et-vient.
Dans ce décor, Charles-Adel et Alan, deux largués par la vie, n'auraient jamais dû se rencontrer.
Mais l'enquête les enveloppe, les malmène, les menace et les obligera à unir leurs faiblesses…

ISBN 978-2-930738-51-2   -- 15 € -- 196p

Mai 69 - L'avis des lecteurs

Je l’ai lu d’une traite, j’ai adoré !
Frédéric Bastien RTL

Un roman d’une belle tenue … une intrigue très structurée... le style, limpide, bien charpenté, sans fioritures inutiles, porte et soutient l’action du début à la fin…
Joseph Bodson AREAW (Association Royale des Écrivains et Artistes de Wallonie/Bruxelles)

…l’auteur signe une histoire complexe, avec des va-et-vient dans le temps et un bel art de la narration…
Daniel Bastié Bruxelles Culture

L'homme

Né à Stockel (région bruxelloise), Marcel Ghigny a toujours été passionné d’écriture. Pour son plaisir d’abord. Nouvelles, courts romans, tout est bon pour sa plume. À trente ans, il se tourne vers le théâtre et écrit plusieurs pièces :

  • Le miroir magique (1986) qu’il met en scène.

  • Requiem pour une sorcière (1987) mise en scène par Jacques Lippe

  • Les quatre saisons d’Amélie Granjart (1990) mise en scène par Francine Malmendier

  • Lulu, cour et jardin (1994) mise en scène par Lucien Froidebise qui remontera sur scène après plus de vingt ans d’absence sur les planches. Il fête pour l’occasion, ses soixante ans de théâtre. Cette pièce sera créée sous le chapiteau des Baladins du Miroir.

Spécialisé dans les techniques scénographiques, il a passé l’essentiel de sa carrière professionnelle dans le domaine du théâtre et de l’évènement.

Si "DeuS VulT" n’est pas son premier roman, il est néanmoins le premier à être édité.

Il consacre aujourd’hui son temps à sa famille, à l’écriture et à l’engagement citoyen.

Une interview RTBF

Interview de Marcel Ghigny, sur RTBF La Première, "Jour Première", 29-05-2018, vers 9h28.

https://www.rtbf.be/auvio/detail_jour-premiere?id=2354890&cid=2354861

Bonne découverte !

Mai 69

Che Guevara est mort.
Ils ont assassiné Martin Luther King et Robert Kennedy, la guerre du Viêt Nam n'en finit pas.
Scott Mackenzie chante « San Francisco ».
Et Paris explose.

La nuit des barricades, Lucie et Julien. Rencontre improbable de deux milieux que tout sépare.
Et lorsque de Gaulle démissionne, que Woodstock résonne dans toutes les oreilles, ils s'installeront dans les Cévennes, dans les pas de ces soixante-huitards qui veulent créer un autre monde. Le monde du tout possible, de l'amour libre et de l'utopie. Mais un monde qui tombera dans ses propres pièges

Mai 69 est l'histoire d'un amour hors norme, transcendant. Un amour éternel à l'histoire éphémère. Sylvain en naîtra et devra ravaler sa rage et sa violence pour comprendre le départ de son père trois ans après sa naissance.

( 191 pages -- ISBN 978-2-930738-51-2 -- 15,00 EUR) 

DeuS VulT

"DeuS VulT" est plus qu'un roman, c'est un Thriller !

8 décembre 2015, un attentat à Bruxelles, niveau d'alerte 4. Sur la place du Jeu de Balle, un char remplace les brocanteurs. Dans le parc Maximilien, les réfugiés campent comme ils peuvent en attendant de recevoir un numéro d'accès à l'Office des Étrangers.

C'est dans ce cadre-là que quelques Syriens chrétiens demandent l'accueil auprès de Victor Timmermans, curé doyen à l'église de Saint-Gilles.
Qu'est-ce qui les a conduits à Saint-Gilles ? Pourquoi cette église ? Pourquoi Victor Timmermans ?
Et quel est le rapport avec cet archéologue belge, très discret, fouillant dans la région d'Alep ?
Une intrigue qui nous vient de très loin. Deus vult est le cri de ralliement des croisés...
Mais Dieu dans tout cela ? Comment aborder ces sujets sans évoquer Yahvé ou Allah ? L'intégrisme ou la tolérance ? La foi, ou plutôt, les fois ?

"DeuS VulT" met avant tout en lumière notre éternelle quête de sens, au vingt et unième siècle, dans ce monde qui déborde. Il n'en est pas la réponse, juste une étincelle.

(341 pages - ISBN 978-2-930738-36-9)

DeuS VulT - L'avis d'un lecteur

Deux adolescents, deux adultes séparés, au parcours dissemblable et cependant convergeant : la quête d'un Graal qu'ils découvrent dans le chaos des luttes actuelles entre l'Islam et la Chrétienté, dans une ambiance de terrorisme et de guerre.

L'un, archéologue prisonnier d'une Syrie en guerre, l'autre curé d'une paroisse de Saint-Gilles, plongés dans les errements de leur foi.

Une belle démonstration de la fragilité de la croyance qui se termine par cette constatation : « La foi est une pure production humaine. Pour l’appréhender, commençons par être des hommes… »

Très documenté, Marcel Ghigny nous entraîne ici dans une fresque mouvementée, une spirale entre le rêve de l’adolescence et la réalité adulte, sur un fond d’interrogation sur les religions ; entre deux croyances ennemies et pourtant complémentaires.

Son approche de l’Islam et du Catholicisme, imbibée de clairvoyance et de passion, jette le lecteur dans un « thriller » frappé d’actualité. La terreur est identique, en Syrie comme à Bruxelles : le reflet exact de notre quotidien.

Une progression, relatée à l'indicatif présent et à la première personne par chaque héros, ajoute du sel à l'intrigue. Le récit est un peu long, et les nombreuses citations – quoique bien instructives – ralentissent quelque peu la progression du suspense.

Les personnages sont faits de chair et de sang: aucun super-héros, aucun pouvoir mystique digne tout au plus d'un roman de gare. L'interrogation théologique est cependant le vrai personnage, multiforme, s'insinuant partout et toujours, ne disparaissant jamais, toujours confronté à lui-même en fonction des humains qu'il hante au gré des dialogues. C'est un Da Vinci Code à l'européenne, plus profond, moins haletant, mais avec des personnages plus réels, plus humains.

Un roman bien inscrit dans la tendance actuelle, conforme aux standards de la discipline, à lire non seulement pour vibrer, mais aussi pour s’interroger.

Georges Roland