Au-delà des murs : un hymne à l'Art africain

Lors de l’héritage de ses parents, l’auteur redécouvre la maison de son adolescence. Il parcourt les étagères et les armoires, l’univers des origines. Il y retrouve les empreintes de ce qui construit sa personnalité. Les traces anciennes de son identité et les références de sa transmission.

Il est imprégné de culture européenne et congolaise. Un métissage dont il est très fier. Il s’intéresse aux masques et aux statuettes congolaises. Il connait le sens et l’histoire de ces sculptures. Elles lui parlent.

Par le biais de nouvelles, il dialogue avec elles. Il se pose la question de la connaissance de la culture congolaise. Les périodes continues d’esclavagisme et de colonisation n’ont-elles pas empêché une juste transmission ? Elles ont coupé les hommes de leur héritage. À défaut de patrimoine, une perte d’identité…

Jean-Michel Massart porte la gloire d’une histoire importante et terriblement malmenée.
ISBN 978-2-930738-62-8  **  221 pages  **  15,00 €

Au-delà des murs : l'avis d'une lectrice

Je n’ai jamais été attirée par l’art africain, ne le comprenant pas. Par quelques nouvelles finement ciselées, Jean-Michel Massart lui rend son prestige, sa signification, sa valeur, sa beauté.

L’art se décline sous de multiples formes : ce n’est que banalité de le rappeler. Qu’il soit de « notre civilisation » ou d’ailleurs, il nous parle… ou pas. Il est possible d’aimer Brahms mais pas le rap, mais aussi Brahms et le rap. L’apport majeur de ce dernier ouvrage de Jean-Michel est de nous rappeler combien l’art est partie intégrante – intégrale même – de l’essence humaine, que l’on désigne cette dernière par le mot ‘âme’ ou ‘esprit’.

Les notions qui guident l’esthétique de ces réalisations n’ont parfois que de faibles résonnances par rapport à nos critères du beau. Pourtant, je gage que maints collectionneurs de timbres-poste ou passionnés de la croisière Citroën en Afrique se souviennent encore de la « beauté Mangbetu » célébrée à cette occasion, alors qu’ils détourneront leur regard de la statuette cloutée nkishi dont la force magique pour concevoir un enfant vaut bien celle d’une vulve en terre-cuite d’Étrurie ou un ex-voto marial (en plâtre, si pas de plastique) de notre époque actuelle…

L’art africain, au travers des quelques tribus et ethnies évoquées ici : Kuba, Mangbetu, Luba, Lega, qu’il soit fétiche nkishi ou statuette ngbandi, idole de Picasso, ou encore témoin de la société mystérieuse bwami, l’art africain est riche d’un sens profond, souvent obscur à l'Occidental moyen, car ce dernier ne peut – ou ne veut – le relier au contexte culturel sous-jacent. C’est là toute la démarche de Jean-Michel Massart : rappeler ces sculptures à la vie en leur faisant raconter leur histoire.

Qu’il en soit remercié !

Claire Debever

La réconciliation - L'Avenir 09-11-2017

Fruit de deux cultures, un Hervien se livre !
Jen-Michel MASSART publie son second roman "La réconciliation", retenu pour un prix littéraire à Mon's Livre 2017.
Un article signé Pierre Lejeune

La réconciliation - L'avis d'une lectrice

Le roman s’ouvre sur une activité d’Énée, le personnage principal, une activité rarement exercée et qui s’intègre dans sa personnalité comme nous l’apprendrons dans la suite. Il restaure des masques africains, collectés au cours des années, révélant les mythologies d’ethnies du Congo, pays où il est né de parents belges, et témoignant d’une civilisation oubliée et d’une spiritualité en connivence avec le surnaturel. De ces masques, d’une puissance d’expression et d’une esthétique qui influencera les artistes cubistes, ressort une magie.

Avant sa naissance au Congo, ses grands-parents y vivaient depuis les années trente. Ils seront dans le roman, comme d’ailleurs les parents d’Énée (son père est professeur), ses frères et sœur qui naîtront après lui, des personnages secondaires.

Non qu’ils soient insignifiants, au contraire. Ils comptent dans la vie d’Énée par les liens affectifs, évidemment, par leur culture qu’ils lui communiquent mais encore par leur rôle dans le pays, leur vision des événements. Mais l’essentiel qui va modeler l’enfant, et ensuite l’adolescent, est son immersion dans la nature et dans la société congolaise.

Dans cette société où les normes rigoureuses sont absentes, Énée vit libre. Cette liberté – qui sera également sa liberté de pensée - lui offrira ses découvertes, la nature d’abord, sa beauté mais plus subtilement son essence, ce dont lui-même est fait. Il est de la nature, comme les animaux sauvages qui lui deviennent familiers. Il est une part d’une âme universelle dans laquelle prend place la mentalité congolaise, simple, rieuse, spontanée encore imprégnée d’un rituel ancestral dans lequel le surnaturel comme la magie restent vivaces.

Un spectacle inoubliable qu’Énée garde dans ses yeux : le fleuve Congo. De sa puissance, de sa majesté, l’auteur donne une description magnifique. D’ailleurs, partout où la nature s’introduit dans le roman, elle est rendue avec talent et, avec amour.

Les faits personnels relatés, se situent toujours dans une époque datée par les événements culturels, sociaux, internationaux… Références à papa Wemba, l’indépendance du Congo, et les tribulations internes qui suivent ; Mobutu et le culte de la personnalité, les hippies….

Pendant tout ce temps, Énée structure sa personnalité, d’un côté en contact avec la nature, la vie brute, de l’autre, une culture française de la part de ses parents, par les livres, l’écoute des concerts, des chansons, et la presse.

Alors que pour les Belges et étrangers de diverses nationalités ne pensant qu’à leurs intérêts, le Congo reste inconnu, voire mystérieux, lui, Énée en a saisi l’essence ; il a deux amours : le monde naturel des sensations d’où se dégage une humanité, et le domaine intellectuel. Il va rentrer en Belgique pour des études universitaires.

Il est étranger dans le monde universitaire où il découvre la ségrégation sociale, comme dans l’ensemble de la société, par ailleurs conformiste et standardisée où circulent des idées toutes faites, sur le Congo, notamment. Pourtant, il doit s’intégrer puisque sa vie se passera désormais dans ce pays qu’il s’efforcera de mieux connaître. Mais il gardera en soi la culture congolaise. Il réussira à faire « La part des choses » Ce sera « La réconciliation » Et, à la fin du roman on retrouve Énée dans son atelier manipulant une statuette récemment reçue : une grenouille en ivoire, petit objet également porteur des rites d’une tribu.

Ce roman sort franchement de l’ordinaire. Dès l’entrée, on est plongé dans l’atelier d’un personnage singulier, passionné par les masques africains anciens dont il connaît les mystères. Et pour cause : il est né au Congo où il a vécu des expériences que lui seul, par son caractère même, pouvait connaître. Ce rapport d’Énée avec la nature fait de sensibilité autant que de philosophie est rendu passionnant par l’écriture, bien sûr, et tant il renoue avec un lien essentiel de l’aventure humaine : la place de l’être dans la nature. Le roman se passant dans l’époque moderne, ce rapport homme/nature est doublé du rapport homme/société., c’est ce double rapport qu’Énée doit assumer. Il finit donc par concilier les deux.

Le style est…beau. C’est l’adjectif qui me vient à l’esprit, adapté au sujet, selon que l’on passe de la description des lieux ou à la relation d’un fait. Et puis, il y a quelque chose d’impondérable qui diffuse l’attrait, le charme. Encore faut-il que le lecteur soit réceptif au sujet. Or, ce sujet se place si loin de la littérature en tous genres : policier, étrange, lyrique, romanesque, engagé… qu’il peut ne pas intéresser.

C’est justement parce que le thème (pas ce qu’on a pu écrire sur le Congo et la vie au Congo) est si original en prenant pour départ des masques aux significations mythologiques pour en arriver à la nécessité de garder en soi le goût de la magie, et en restituant à la nature son état de berceau originel, que ce livre m’a vraiment séduite.

Certains peuvent reprocher à l’auteur sa vision idyllique du Congo qui a subi une colonisation dont on connaît les méfaits. Je ne lui reprocherai pas. Le substrat du livre écarte cet aspect. Tout porte à croire qu’il s’agit d’une autobiographie.

Barbara Flamand

Découvrir l'homme

Le petit garçon né au cœur de l’Afrique centrale en 1952 et l’adolescent pensif de  Kinshasa  sommeillent au fond de l’homme d’aujourd’hui. La plongée en métropole à l’âge de 19 ans pour des études supérieures est un bouleversement. Elle force une remise en question. D’un saut à l’autre, il a serré tout contre soi un idéal de mélange de cultures. L’indifférence et le rejet de l’autre, l’égocentrisme remuent ses tripes. Travailleur social durant 43 années auprès de personnes fragilisées, père de famille de trois grands enfants et papy, il serine la même ritournelle à propos des valeurs humaines, du respect de soi et de celui des autres, d’ouverture et de tolérance, la curiosité de pousser des portails et l’ambition d’écouter le monde, ressentir la fragilité des choses, les richesses de la nature et de l’environnement. Assis au milieu des vaches laitières dans le bocage fleurant le fromage de Herve, il essaye de laisser quelques traces et de transmettre un fil conducteur au travers un second livre imprégné  de moments autobiographiques.

Contact de l’auteur : fa383068@skynet.be 

La réconciliation

Un amateur d’art premier donne du sens à sa collection de masques et de statuettes tribales. Il se souvient d’un jeune garçon au fond de la forêt tropicale. Un petit blanc se construit d’une mosaïque de culture d’Afrique Centrale et d’éducation européenne. L’articulation d’une immersion dans une nature puissante et noble et de concepts cognitifs abstraits forme son imagination. Des séjours dans sa famille en Belgique éclairent le paysage. Un déménagement à la capitale du Congo ouvre l’horizon. Il observe. Il engrange. Il rêve. Il vit le présent. Il désire. Il forge ses racines. Il prépare son devenir. Le jeune homme quitte définitivement ses années ensoleillées pour l’inquiétante métropole. Comment va-t-il s’intégrer en pays étranger ? A quoi s’accrocher en terre inconnue ?

(176 p - ISBN 978-2-930738-32-1 )