Une lecture de Barbara Flamand

Quand on ouvre Droit dans le mur, recueil de pamphlets et de textes politiquement incorrects, on comprend rapidement que la « Pensée unique » et ses thuriféraires politiques et médiatiques seront mis à mal. Mais, Bernard Godefroid ne se borne pas aux faits économiques, politiques, sociaux, il élargit sa vision critique aux mœurs de notre époque.

Le néolibéralisme qui s’inscrit dans l’ordre économique mondial depuis la chute du mur de Berlin et dans lequel le fascisme trouve d’opportunes ouvertures, ce néo-libéralisme provoquant délocalisations, chômage, ruine des paysans, dégradations de la planète, est dénoncé dans un style caustique, fort éloigné – faut-il le préciser ? – du langage prudent des quelques observateurs qui se hasardent dans une critique.

Dans les us et coutumes de notre « démocratie avancée », l’être humain, déjà aliéné dans le système économique capitaliste :

Production, concurrence, croissance et profit maximum (le sportif n’échappe pas à cette aliénation) l’être humain se déshumanise davantage, réduit à un consommateur formaté par le franglais, par une sous-culture américaine, par des médias assujettis à la pensée dominante, par un matraquage publicitaire infantilisant, phénomènes sociaux que l’auteur épingle avec humour, fantaisie, usant de temps à autre de tournures poétiques.

Droit dans le mur est le livre d’un écrivain pour qui le rôle est de placer le lecteur devant la réalité dans toutes ses diversités. À travers ses pamphlets, Bernard Godefroid assume cette tâche, salutaire, avec courage et talent.

Une lecture de Barbara Y. Flamand