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Une lecture de Georges Roland

Deux adolescents, deux adultes séparés, au parcours dissemblable et cependant convergeant : la quête d'un Graal qu'ils découvrent dans le chaos des luttes actuelles entre l'Islam et la Chrétienté, dans une ambiance de terrorisme et de guerre.

L'un, archéologue prisonnier d'une Syrie en guerre, l'autre curé d'une paroisse de Saint-Gilles, plongés dans les errements de leur foi.

Une belle démonstration de la fragilité de la croyance qui se termine par cette constatation : « La foi est une pure production humaine. Pour l’appréhender, commençons par être des hommes… »

Très documenté, Marcel Ghigny nous entraîne ici dans une fresque mouvementée, une spirale entre le rêve de l’adolescence et la réalité adulte, sur un fond d’interrogation sur les religions ; entre deux croyances ennemies et pourtant complémentaires.

Son approche de l’Islam et du Catholicisme, imbibée de clairvoyance et de passion, jette le lecteur dans un « thriller » frappé d’actualité. La terreur est identique, en Syrie comme à Bruxelles : le reflet exact de notre quotidien.

Une progression, relatée à l'indicatif présent et à la première personne par chaque héros, ajoute du sel à l'intrigue. Le récit est un peu long, et les nombreuses citations – quoique bien instructives – ralentissent quelque peu la progression du suspense.

Les personnages sont faits de chair et de sang: aucun super-héros, aucun pouvoir mystique digne tout au plus d'un roman de gare. L'interrogation théologique est cependant le vrai personnage, multiforme, s'insinuant partout et toujours, ne disparaissant jamais, toujours confronté à lui-même en fonction des humains qu'il hante au gré des dialogues. C'est un Da Vinci Code à l'européenne, plus profond, moins haletant, mais avec des personnages plus réels, plus humains.

Un roman bien inscrit dans la tendance actuelle, conforme aux standards de la discipline, à lire non seulement pour vibrer, mais aussi pour s’interroger.